Guide technique

Comprendre les éléments de sécurité

Tous les éléments que nous pouvons intégrer à une étiquette, leur rôle et la façon de les vérifier. Nous vous conseillons de lire cette page avant d’établir votre cahier des charges : vous commanderez ainsi une étiquette qui remplit vraiment sa fonction, plutôt qu’une étiquette qui fait simplement illusion.

La seule règle à retenir

Prévoyez au moins un élément visible et un élément caché. La couche visible rassure votre client en rayon. La couche cachée est celle que vous montrez lorsqu’un distributeur, un agent des douanes ou un enquêteur d’une place de marché en ligne demande une preuve. Une étiquette sans élément caché fait bonne impression mais ne tranche aucun litige ; une étiquette sans élément visible vous protège mais n’apporte rien à l’acheteur qui a la boîte en main.

Ajoutez ensuite un numéro de série. Il coûte peu et transforme une question d’authenticité en question de traçabilité : c’est en général à celle-ci qu’il vous faut répondre.

Niveau 1 · Visible

Vérifiable par tous, sans équipement

Visible par un client en magasin, sans équipement ni formation. C’est cette couche qui renforce la confiance au point de vente.

Hologramme 2D

Image monocouche sans profondeur apparente. C’est l’effet holographique le plus simple et le moins coûteux, utilisé sur la plupart des films standards.

Comment vérifier   Inclinez l’étiquette. L’image passe par les couleurs du spectre mais reste plate.

Quand l’utiliser   Grandes séries, lorsque l’essentiel est d’avoir un élément de sécurité et que le budget compte plus que la sophistication.

Hologramme 2D/3D

Plusieurs couches planes placées à différentes profondeurs visuelles, de sorte que certains éléments semblent se trouver devant ou derrière les autres.

Comment vérifier   Déplacez l’étiquette de gauche à droite. Les éléments du premier plan se décalent par rapport au fond : un effet de parallaxe visible même sans savoir quoi chercher.

Quand l’utiliser   Le choix par défaut pour authentifier une marque. Nettement plus difficile à imiter qu’un hologramme 2D, pour un surcoût modéré.

3D en couleurs réelles

Image de qualité photographique restituée en hologramme dans des couleurs proches du naturel, au lieu des couleurs arc-en-ciel de la diffraction.

Comment vérifier   L’image se lit comme une photographie, et non comme un motif irisé.

Quand l’utiliser   Emballages haut de gamme où le scellé fait aussi partie du graphisme. La création de la matrice coûte cher et demande une image source adaptée.

Dot-matrix

L’image se compose de milliers de points de diffraction orientés un à un, chacun renvoyant la lumière dans une direction différente.

Comment vérifier   Faites tourner l’étiquette. Les éléments s’animent : des anneaux s’élargissent, des formes pivotent, un texte en remplace un autre.

Quand l’utiliser   Le mouvement attire l’œil et reste difficile à imiter de façon convaincante. Se combine très bien avec une couche 2D/3D statique.

Effets cinétiques et effets de bascule

Deux images ou plus occupent la même zone, chacune visible uniquement sous un angle de vue particulier.

Comment vérifier   Inclinez progressivement l’étiquette : une image fait place à une autre.

Quand l’utiliser   Vérification rapide sur le terrain. Une phrase suffit pour l’expliquer à un distributeur : « inclinez l’étiquette et le logo devient une coche ».

Guillochis

Réseau serré de courbes entrelacées, comme sur les billets de banque et les certificats d’actions, embossé dans la couche holographique.

Comment vérifier   Des lignes fines et continues, qui restent nettes à la loupe et se désagrègent à la photocopie.

Quand l’utiliser   Témoigne d’un savoir-faire en impression de sécurité et fait échouer les copies sommaires par numérisation.

Zones démétallisées

Certaines zones de la couche métallique sont retirées chimiquement, créant des fenêtres transparentes parfaitement repérées.

Comment vérifier   Observez l’étiquette à contre-jour. Des formes ou du texte laissent passer la lumière, en repérage exact avec l’image.

Quand l’utiliser   Difficile à imiter, car cela exige une précision de repérage que les ateliers bas de gamme ne savent pas tenir. Laisse aussi apparaître l’impression située en dessous.

Niveau 2 · Caché

Vérifiable par des personnes averties

Invisible si l’on ignore sa présence. C’est cette couche qui permet de régler les litiges avec les distributeurs, les douanes et les places de marché en ligne.

Microtexte

Texte embossé si petit qu’à distance normale il ressemble à une simple ligne.

Comment vérifier   Une loupe compte-fils 10× : la ligne laisse apparaître des mots lisibles.

Quand l’utiliser   Peu coûteux à ajouter, et utile. Si l’étiquette est reproduite par numérisation, le microtexte devient une bavure illisible : c’est ce qui trahit la copie.

Nanotexte

Le même principe à une échelle environ dix fois plus petite, hors de portée des équipements courants de création de matrices.

Comment vérifier   Un fort grossissement, en général 100× ou plus.

Quand l’utiliser   Lorsqu’il vous faut un élément qu’un contrefacteur compétent ne peut pas reproduire, même en sachant qu’il est là.

Image latente

Image encodée dans la structure de diffraction, qui reste invisible tant qu’on ne l’observe pas à travers un film décodeur ou au laser.

Comment vérifier   Posez le film décodeur sur l’étiquette : un texte ou un symbole caché apparaît.

Quand l’utiliser   L’élément de niveau 2 par excellence. Nous vous conseillons de remettre des films décodeurs à vos distributeurs et à vos contacts aux douanes : c’est cette couche qui permet de trancher un litige.

Image cachée lisible au laser (CLR)

Informations cachées, encodées dans le motif de diffraction et projetées sous forme d’image lorsqu’on éclaire l’étiquette avec un pointeur laser.

Comment vérifier   Un pointeur laser bon marché et un mur suffisent : l’image s’y projette.

Quand l’utiliser   Une vérification possible partout, avec un matériel qui ne coûte presque rien. Pratique pour les équipes de contrôle sur le terrain.

Encre thermochromique

Encre imprimée en surimpression, qui change de couleur à la température du corps et retrouve sa teinte d’origine en refroidissant.

Comment vérifier   Posez le pouce sur l’encre ou soufflez dessus. La couleur change, puis revient.

Quand l’utiliser   L’élément caché le plus simple à expliquer. Ni décodeur, ni loupe, ni laser : il suffit de dire à n’importe qui, au téléphone, « appuyez dessus et le rouge devient transparent ».

Numérotation

Numéro unique, séquentiel ou aléatoire, imprimé sur chaque étiquette.

Comment vérifier   Relevez le numéro et comparez-le à vos propres registres.

Quand l’utiliser   Pour la plupart des marques, c’est l’ajout le plus utile. La question « est-ce authentique ? » devient « où ce produit était-il censé se trouver ? », et c’est ainsi que l’on repère les fuites dans le réseau de distribution.

Témoin d’ouverture

Prouve que le scellé n’a pas été rompu

Un tout autre sujet que l’authentification : ces éléments indiquent si le produit a été ouvert, et non s’il est authentique. La plupart des commandes finissent par combiner les deux.

Effet VOID

Couche de séparation volontairement fragile, qui se rompt selon un motif défini lorsqu’on décolle l’étiquette et laisse le mot VOID sur toute la surface du support.

Comment vérifier   Regardez l’emballage : si la mention VOID apparaît, le scellé a été décollé.

Quand l’utiliser   Scellés de garantie, scellés de carton et toute application où la question « le produit a-t-il été ouvert ? » compte plus que « est-il authentique ? ».

Effet nid d’abeille

Le même principe, avec une trame d’hexagones à la place du texte : au retrait, l’étiquette se fragmente de façon irrégulière.

Comment vérifier   L’étiquette se déchire en nid d’abeille et ne peut pas être reconstituée.

Quand l’utiliser   Lorsque vous voulez un témoin d’ouverture sans faire apparaître le mot VOID sur votre emballage, pour des raisons esthétiques.

Transfert total ou partiel

En transfert total, tout le motif reste sur le support. En transfert partiel, il se partage : des traces subsistent à la fois sur le support et sur l’étiquette retirée.

Comment vérifier   Dans les deux cas, le retrait est irréversible et se voit immédiatement.

Quand l’utiliser   Le transfert partiel est préférable si vous risquez de devoir examiner plus tard l’étiquette retirée à titre de preuve.

Numérique

Vérifiable par le client final

Relie l’étiquette physique à des données dont vous gardez la maîtrise. Utile, mais jamais plus sûr que l’élément physique sur lequel le code est imprimé.

Vérification par QR code

Code imprimé, généralement associé à un numéro de série, qui renvoie vers une page indiquant si ce numéro est valide et combien de fois il a été vérifié.

Comment vérifier   L’appareil photo de n’importe quel téléphone.

Quand l’utiliser   Le seul élément de cette page qu’un client final peut utiliser sans aide. Attention : un QR code seul ne protège rien, car il se copie. Il est efficace parce qu’il est lié à un numéro de série imprimé sur une étiquette qui, elle, ne se copie pas.

Code à gratter

Code à usage unique caché sous une couche à gratter, révélé par l’acheteur puis vérifié une seule fois dans un registre central.

Comment vérifier   Grattez, puis transmettez le code par internet, SMS ou téléphone.

Quand l’utiliser   Utilisé de longue date contre la contrefaçon sur le marché intérieur chinois, sous le nom de 电码防伪, et tout aussi adapté à l’export. La couche à gratter montre clairement si un code a été relevé avant la vente, et une deuxième consultation du même code signale une copie.

Niveau 3 · De laboratoire

La preuve se fait en laboratoire

Les éléments de laboratoire ont une valeur de preuve plutôt qu’une utilité pratique : composition des matériaux, structure des couches et dossiers de création de la matrice conservés sous contrôle, qui peuvent être produits en justice. Ils se définissent au cas par cas, généralement avec l’appui d’un conseil juridique sur ce qu’il vous faudra prouver.

Si l’on vous vend un « pack niveau 3 » standard sur catalogue, la prudence s’impose. Demandez quelles pièces seraient produites en justice, et par qui.

Nos limites

Nous fabriquons des timbres fiscaux et des marquages réglementaires, mais les billets de banque et les passeports relèvent d’une autre catégorie : ils nécessitent une accréditation Intergraf ou CWA 14641, que nous ne détenons pas. Si votre projet l’exige, nous vous le dirons dès notre premier e-mail.

Vous hésitez sur les éléments à prévoir ?

Décrivez-nous ce qui est copié et comment le produit arrive jusqu’à votre client. Nous vous proposerons une combinaison d’éléments, en vous signalant aussi quand une solution moins chère ferait le même travail. Devis sous 12 heures ouvrées.